Les Volcans

En Islande, aujourd'hui, nombre de volcans sont susceptibles d'entrer en éruption à tout moment. Le volcan Hekla, dans l'ouest, est très surveillé tout autant que Katla, au sud, Askja, au centre, ou encore Krafla, dans le nord de l'île. Mais bien d'autres peuvent se réveiller ou subitemment voir le jour, comme l'éruption récente du volcan sous glacière Eyjafjallajokull ou celui en ce moment perturbé du Bardarbunga sous le Vatnajokull, plus grand Glacier d'Europe.  

 

2 Types d'éruption 

 

 

Ainsi, l'ensemble du territoire est marqué des stigmates d'anciennes et récentes éruptions. Celles-ci peuvent se manifester de deux manières différentes. Elles peuvent être:

 

 

  • Explosives

                                       

Avant éruption                                                                        Après éruption

 

 

Le magma est acide, riche en silice (60 à 75%) et sa température n'est pas très élevée (environ 800°C). Il est d'une consistance épaisse et visqueuse. Le gaz emprisonné ne s'échappe que lorsque la pression devient très importante, caractérisant la violence de l'éruption. Les fragments de lave projettés dans les airs sont pulvérisés en fines poussières volcaniques. Généralement, dans ce contexte éruptif il n'y a pas de coulée de lave, et lorsqu'il y en a, ce sont des coulées épaisses et courtes, voir même, s'accumulant sur place formant ainsi un dôme de lave.

 

 

"Le 8 mai 1902, à 8 heures du matin, la ville de Saint Pierre de Martinique, capitale des antilles peuplée de 28 000 habitants à cette époque, fut anéanti par une nuée ardente en l'espace de 2 minutes. La montagne Pelée surplombant la ville, fut le théâtre d'une éruption volcanique explosive, libérant une épaisse nuée noire, sillonnée d'éclairs, se déplaçant à une vitesse foudroyante de 200 à 600 km/h."

 

 

  •  Effusives

Le magma est basique, pauvre en silice (40 à 50%) et sa température peut s'élever jusqu'à 1200°C. Ce magma se comporte comme un liquide. Laissant échapper les gaz, il les fait jaillir en fontaines de feu et s'épanche en coulées rougeoyantes. Les coulées de laves, produit d'éruptions effusives, donnent en refroidissant du basalt, roche de couleur sombre.

 

 

 

Certains types de volcans ont plutôt tendance à ce comporter d'une manière ou d'une autre, mais cela n'empêche pas de voir les deux phénomènes se produire lors d'une même éruption, de nombreux autres facteurs pouvant entrer en ligne de compte et induire des éruptions intermédiaires entre ces deux types spécifiques.

 

 

 

Plusieurs types de volcans

 

  •  Les pseudo-cratères

 

Ces volcans ont l'apparence de magnifiques volcans tels que nous les dessinerions. En réalité il n'en sont pas. Ils n'ont pas de cheminée d'alimentation volcanique, pas de racines. Une coulée de lave incandescente recouvrant une étendue lacustre ou une tourbière engendre une vaporisation explosive immédiate de bas en haut, amenant l’éclatement d’un cratère en surface (Pour ce le représenter, on peut observer l'ébulition d'une sauce béchamel dans une casserole sur le feu).

 

 

 

 

 

  • Les volcans tabulaires

 

Ces volcans se forment sous la glace, on les dis sous glaciaires. La lave, émise par des fractures cachées, sort sous pression, fond la glace et arrive à la surface avec formation d’un énorme panache de vapeur. Les coulées contenues par le glacier s'épenchent en strates horizontales successivent, donnant au volcan l'apparence d'une table lorsque le glacier se retire. Le danger de ces volcans réside surtout dans le gonflement des lacs sous glaciaires qui saturés s'épenchent invisiblement sous le glacier et engendrent à sa sortie la formation et le développement de torrents de boue (lahars) dévastateurs.

 

 

 

  • Les volcans fissuraux

 

 Le volcanisme fissural est surtout présent le long des dorsales océaniques, mais il existe également sur les continents et il a eu dans certains cas des effets spectaculaires. Le volcanisme de dorsale associé à l'accrétion océanique est visible en Islande (dorsale de l'Atlantique Nord) et à Djibouti (prolongation continentale de la ride d'Aden). Les volcans fissuraux émettent en général de grands volumes de matériaux très fluides, qui s'épanchent sur de vastes surfaces. Sur les continents, les éruptions successives peuvent donc construire de grandes plaines ou plateaux.

 

 Le Laki, volcan fissural Islandais entra en éruption au cours de l'an 1783. Une fissure éruptive de plus de 25 km de long vit le jour, déversant une mer de lave de plus de 560 km2 et libérant dans les aires un gigantesque et épais nuage de cendres qui eut des conséquences considérables sur la Nature et l'Homme, bien au-delà des frontières du pays. Dans les gazettes françaises de l'époque, il est fait référance d'un nuage de cendres venu d'Islande, à l'origine de mauvaises récoltes sur le territoire. L'Islandais aime à raconter que cette éruption fut à l'origine de la révolution française.

 

 

 

 

 

 

  •  Les volcans dômes

 

Les dômes sont engendrés par les magmas trachytiques (environ 65% de silice) émis à des températures de 800 à 900° et très visqueux. Ces magmas montent très lentement dans les conduits, du fait de cette viscosité. Ils sont riches en gaz qui ont de grandes difficultés à s’échapper.

En général, l’éruption débute par une phase explosive très violente, qui peut correspondre à la libération des gaz magmatiques sous haute pression. Cette phase initiale, souvent brève, élargit la partie haute du conduit puis suit une phase d’extrusion de la lave visqueuse. Celle-ci ne pouvant s'écouler, s’accumule donc sur place pour former un dôme.

 

 

 

 

  •  Les volcans boucliers

 

Les volcans bouclier émettent principalement des laves fluides (normalement de nature basaltique) capables de voyager sur de longues distances et de construire d'immenses champs de lave très étendus. 

Le Piton des Neiges à la Réunion, le Mauna Loa à Hawaï ou encore le Skjaldbreidur en Islande, en sont de beaux exemples. Olympus Mons, volcan bouclier martien, est le relief le plus élevé du système solaire culminant à près de 22 kms d'altitude.

 

 

 

  •  Les stratovolcans

 

Un stratovolcan ou volcan composite est un volcan dont la structure est constituée de l'accumulation de coulées de lave, de tephras et/ou de pyroclastites au cours des différents stades éruptifs.

Les stratovolcans prennent une forme conique à cause de leur lave pâteuse qui s'écoule difficilement, des retombées de cendres et de scories se faisant préférentiellement près de la cheminée volcanique et des dépôts laissés par les coulées pyroclastiques partant du sommet du volcan. 

 

 

 

 

  •  Les trapps

 

Les trapps (escalier en suédois) sont de très vastes plateaux continentaux constitués d'épais dépôts de roches basaltiques. On suppose que leur mise en place s’est faite par épanchement en surface d’une remontée magmatique mantellique et basique, donnant lieu à un volcanisme de type tholéiitique (caractéristique du contexte océanique), au travers de fissures ou de bouches ponctuelles.

Les trapps les plus célèbres sont :
Le Lac Supérieur (Canada et États-Unis), 1100 à 1200 millions d’années
Les trapps de Sibérie (Russie), 248 à 216 millions d’années
Le Paraná (Brésil), 140 à 110 millions d’années
Les trapps du Deccan (Inde), 65 à 42 millions d’années
La province ignée nord-atlantique, 60 à 50 millions d'années ;
Les trapps d'Éthiopie, 40 à 15 millions d’années
le plateau sous-marin des îles Kerguelen (TAAF, France) à l'île Heard (Australie) au Sud de l'océan Indien, depuis 35 millions d'années (toujours en activité).

La surface occupée par un épanchement varie entre des valeurs de 200 000 km2 (Karoo) à 1 500 000 km2 (Sibérie), leur épaisseur oscillant entre 2 000 m (Deccan) et 12 000 m (lac Supérieur). Cependant, il faut considérer que l’érosion a réduit le volume des coulées.

Ces épanchements se sont formés sur des durées assez brèves (de l'ordre de 1 Ma), de manière indépendante de l'activité des dorsales.